Un semaine après

 

peace-for-paris_5463310Une semaine après les événements de Paris, la nuit entre le 13 et le 14 Novembre 2015, on a eu le temps de réfléchir. On a eu le temps de lire, de s’informer, de regarder des images terrifiantes en boucle. De faire notre deuil.

Qui de vous ne connait au moins un ami d’un ami qui a été directement affecté par cette tragédie?

Une semaine après, l’enquête sur les faits se poursuit, des visages sont associés à ces hommes qui ont semé la terreur sur la France entière et probablement tout l’occident. Après les premiers cris racistes contre l’islam, les arabes et les réfugiés les Français se rendent compte que cette menace ne vient pas de la Syrie directement, de cet État Islamique lointain dont on savait si peu avant. Car ces terroristes n’étaient pas des faux réfugiés venant de loin. Non, ils étaient français ou belges et ils vivaient parmi nous.

Une semaine après, on a eu trop d’informations, on a vu trop de violence, on a eu trop peur pour prendre du recul. On sent que tout a changé pour « nous », alors que pour « eux » (toutes les populations de pays en guerre) ces horreurs sont à l’ordre du jour depuis des années. On se sent impuissant devant la fragilité de l’homme et de la femme face à la guerre, mais on se sent impuissant aussi devant le constat que quand la guerre se passe « chez nous », ça nous touche plus.

On se retrouve à se demander: comment font-ils pour continuer à vivre normalement après ça?

On n’a pas une réponse universelle a cette question. Personne ne peut l’avoir.

Cependant, une réaction est forcement nécessaire, de la part du gouvernement, des forces de l’ordre, de nous tous. On ne peut pas oublier, on ne peut pas l’ignorer, on ne pourra jamais le changer.

On ne peut pas parler pour ces gens qui ont perdu des proches ou vu la mort venir personnellement, ou encore pour les vies brisées avec tant de brutalité. On peut juste leur donner notre soutien.

Mais on a peut être l’opportunité de réfléchir encore davantage, de se remettre en question, de donner un nouveau sens aux choses. De se rendre compte que la liberté et la prospérité dont on profite dans un pays ouvert d’esprit comme la France n’est pas quelque chose de donné, de gagné. C’est le fruit d’une histoire longue et douloureuse et de l’implication des gens. Quelque chose qu’il faut protéger tous les jours et qu’il faut cultiver.

On peut peut être comprendre aujourd’hui ces gens qui fuient la guerre et qui veulent, tout comme nous, vivre dans la liberté et dans la prospérité.

On peut aussi se demander si ce n’est pas justement les divisions et les injustices de notre propre société qui ont créé un terrain fertile pour la radicalisation.

Une semaine après, on peut peut être continuer à vivre, mais pas comme avant. On ne peut plus penser que des horreurs commises loin de nous ne nous regardent pas. On ne peut plus penser que fermer les portes de « chez nous » et laisser les atrocités dehors soit la solution. Il faut protéger notre liberté surtout de nous mêmes, de notre instinct de la vouloir pour nous mais pas pour « les autres ».

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